lundi 19 janvier 2009

1 - Cris

Ce blog est devenu un livre publié aux Editions Cogito fin août 2014.
06 82 89 18 61 / 02 32 91 39 26


Prologue

Les bras enserrant ma poitrine, je scrute les lueurs du soir; j'entends le bruit de la machine et guette avec effroi le crachement du moteur. Le feuillage détrempé s'écoule dans mon cou, je suis contre le mur, dans le chèvrefeuille, j'attends. La machine à broyer est en marche, je la vois parfaitement, jaune et rutilante, gueule ouverte au ras du sol. Le ciel flamboie, on a crié quelque part, je tourne le cou, affolée, la machine gronde, où a-t-on crié ?
Je m'enfonce dans le chèvrefeuille, des branches souples se referment sur moi. C'est mon sang, mon coeur, (oh mon Dieu !) mon coeur, une boule dure qui oscille entre la terre et la machine qui détruit.
La machine a déchiré la bordure, pulvérisé les sauges, le bleu nuit éclate dans les roues et disparaît, happé par la terre. Une odeur âcre remplit l'espace. Les pivoines, les delphiniums, les angéliques, les épilobes, tous s'écroulent, heurtés, démembrés, écrasés. La sève jaillit, étoile un instant le froid du métal qui vibre. On a crié quelque part. Où ? Tout disparaît, les tiges fermes des phlox, des monardes et des grands tabacs blancs, éclatent vers le ciel, craquent et retombent en miettes.
Je recule. C'est ma propre chair, veines dénudées, qui résonne entre mes tympans ; je recule, je m'enfonce un peu plus dans l'enchevêtrement du chèvrefeuille, je sens la pierre du mur derrière, le nid des pinsons est dans mon cou, j'en devine la paille sèche...


Il a broyé mon jardin.
Il le broyait, massif après massif, saccageant la roseraie, rosier après rosier.
Il broyait le soir, au coucher du soleil, pour que je ne puisse prendre des photos
et plus tard, l'accuser.
Il savait que j'avais commencé à l'accuser, contre toute attente, malgré toutes les constructions d'enfermement, d'isolement et de terreur tissées par lui année après année,
pour que ma soumission soit totale, que jamais un mot contre lui ne sorte de ma bouche.
J'avais commencé à l'accuser, et il voulait me tuer pour cela. Il y pensait. En attendant,
il détruisait mon jardin...


Le ciel rougeoie. Le corps puissant qui dirige la machine se stabilise, les bras raidissent aux commandes, les bottes piétinent et souillent ; au-dessus, le visage se tord.
les roses pendent au bout des branches, lourdes de pluie et d'automne, nacrées, frémissantes.
Le premier rosier est happé sur son flanc droit, mutilé, traîné sous le fer ; le suivant reçoit les roues puis le choc de la machine qui le broie en pivotant, un autre est fauché par l'arrière, la machine, crachant, en fait une bouillie de bois dur suintant de sève qui crève vers le rouge sang du couchant. Les roses en pétales explosés crépitent et disparaissent dans la boue soulevée de la terre soudain nue. Les roues et les lames prennent à revers, reviennent, chacun est pulvérisé jusqu'au pied de greffe qui s'ouvre et saigne, l'onde de choc gagnant jusqu'aux racines déchirées, écartelées, arrachées.
Enfouie dans le chèvrefeuille, je me noie, entraînant le nid des pinsons.
Le cri sort enfin de ma bouche.

Je dois raconter l'histoire...




7 commentaires:

Anonyme a dit…

Alfrédine, mon amie, m'a envoyé votre blog...j'ai lu ..que de souffrances..témoignage poignant puissiez vous vivre maintenant heureuse et apaisée c'est ce que je vous souhaite de tout coeur
je vais acheter votre livre...

Anonyme a dit…

Bonjour Marie,

Je comprends l'immensité de votre souffrance, culpabilité ect ... pour l'avoir vécu, (pas tout à fait comme vous), j'ai réussi à divorcer,malgré les menaces, malgré qu'il me jurait de tout faire pour que je sois SDF ou morte ! C'est ce qu'il a fait, SDF presque si j'avais lâché, froid faim je connais ! Des procès en n'en plus finir, des réponses longues et injustes pourquoi ? je n'ai pas le bras assez long ! et c'est pas fini un autre procès m'attend,8 ans de combats, 8 d'injustice répétée !!! pour ma fille je n'ai pas baissé les bras elle même victime et témoin de ce qu'on peut appeler un Père !!
Je vous souhaite de tout mon coeur de pouvoir tourner la page le plus vite possible d'être heureuse, de trouver la paix !
Vous avez eu le courage de l'écrire, je suis admirative
Bien à vous !

Mylène D. a dit…

Bonsoir.

Je comprends ce que vous avez pu vivre pour avoir vécu, moi aussi (à quelques détails près) la même chose. Le mien avait cependant des côtés mythomane et alcoolique qui ont fait beaucoup de mal à ma famille (il violemment tabassé une de mes tantes) ainsi qu'à moi.
Il m'a étranglé jusqu'à ce que je perde connaissance et me réveille au sol, complètement perdue, tout ça sous les yeux de notre fils de 1 an 1/2 à l'époque...

J'ai été bernée par cet homme mais, à l'inverse de vous, je ne l'idéalisais plus, je ne l'aimais plus, je ne le croyais plus... J'avais simplement peur pour mon fils (il a avait toujours dit que si j'appelais la police, il s'arrangerait pour tuer notre fils et se suicider après) et pour ma famille (il a plusieurs fois menacé d'incendier leurs maisons, de provoquer des fuites de gaz...).

Et à l'entendre, c'est lui la victime et moi le monstre...

J'ai réussi à m'en sortir, mais malgré ma plainte (cela fait déjà 2 ans 1/2), il ne se passe toujours rien et les témoins n'ont même pas encore tous été convoqués...

J'avais pour projet d'écrire un livre, moi aussi. Je l'ai d'ailleurs commencé...

En tout cas bon courage à vous et plein de bonnes choses pour l'avenir. Après toutes ces horreurs, vous le méritez...

Cordialement.

Louise N a dit…

Dommage que la justice ne suive pas cette prise de conscience.... Dans ma situation le juge a exigé une mediation ou bien le placement des enfants... Le père a refusé la mediation " ca m'est insupportable mais il m'est impossible de m'asseoir à une table avec cette femme qui est folle et qui a détruit ma vie...." Ben oui je me suis sauvée, disparue sa marionnette, et places les enfants... Et c'est à moi qu'on reproche d'être partie, de garder le sourire et l'énergie...a terre j'y ai été souvent et il parvient encore via mes enfants à me faire courber mais Toujours je me relèverais encore plus forte et avec le sourire meme de façade, c'est ma seule arme contre lui.
Surtout tendez la main à vos proches, savoir qu'il y a une porte ouverte pour nous, une amie au téléphone, c'est beaucoup et poussez vos amies chez des professionelles car son bien être ca vous concerne et nous quand on a le nez dedans on n'a plus l'énergie, la force de le faire et puis il n'est pas vraiment comme ca au fond ça doit être a cause de son travail, de notre comportement...alors si c'est votre amie, vous lui prenez RDV meme si elle dit non car un, dix conseils ne coûtent rien et quand votre histoire semble faire écho a d'autres récits vous finissez par vous dire " elles s'en sont sorties pourquoi pas moi?" Ce sera dur, ce sera long, ca en vaut la peine...

Anonyme a dit…

Bonjour Marie,

Je viens d'écouter un reportage concernant ce sujet, quelle tristesse d'entendre dire la journaliste et un spy que c'est un mot à la mode !!! Qu'ils viennent prendre ma place ou celle d'une autre ! J'essaie de toutes mes forces de m'en sortir de hurler aux juges et avocats la vérité avec des papiers qui prouvent et je n'y arrive pas ! Dernier fait, on m'a proposé un arrangement pour rester dans l'appartement le temps de me retourner, il fallait son accord, accord qu'il a donné quand la première personne lui a dit que je resterais dans l'appartement moyennant un loyer, le lendemain une autre personne ne connaissant pas l'affaire lui a dit qu'on m'accorderait un gratuité pendant un temps et après je quitterai l'appartement, la réaction a été horrible il veut savoir ou je vais et refuse la proposition de l'aide accordée. Le jour ou j'ai eu la force de demander le divorce il m'avait jurer que son but premier serait de faire tout ce qui est en son pouvoir pour que je ne relève pas, je pensais que c'était de la colère et que ça passerait ! Mais non ! Il s'acharne sur moi j'en peux plus !!! Et on ose dire c'est un mot à la mode !!!!!

Anonyme a dit…

Votre jardin est le mien, lui aussi a saccagé mon refuge, ma fierté, quand j'ai osé partir.... ça m'a fait mal, mais je n'ai rien montré... j'ai aimé vous entendre raconter, mais je ne lirai pas votre livre, qui est trop le mien et m'ouvre le coeur en morceaux...

Anonyme a dit…

On dirait que l'on m'empeche de le faire ce commentaire, ça fait 2 fois que ça foire. J'ai peur de cet homme, il est bizarre, c'est bien comme cela a été décrit par l'obs, tout à fait. Belle figure près des gens, pour se faire apitoyer et à la maison très vicieux, c'est un pervers narcissique. Il me dit que je suis le chene et lui le roseau qui plie mais ne rompt pas. il passe sa vie assis du matin au soir, il me prend pour son esclave, il est très méchant, le meme reg, on ne réfard que son père. Il parle meme sur le dos de ses parents quand il a besoin d'arranger une affaire pas claire. C'est un jaloux comme dit sa belle-soeur, il est jaloux sur ce que possèdent les autres et ça c'est sa maman, pareil!Moi j'ai subi plusieurs interventions chirurgicales (maladie de Crohn sévère), cette maladie a débuté 6 mois après ce sacré mariage, j'avais 19 ans on ne réfléchit pas assez à cet age, mon père a eu confiance en lui. Mes parents tenant un commerce de radio-télévision, de ménager, de meubles...meme une voiture par mon père, il a eu, 1 Renault 4. C'est un personnage très grossier et sait flatter lors de ses besoins d'argent et d'autres..Depuis 1986, il prend des traitements qui ne lui font pas changer son comportement. Meme à son bureau, il n'était pas apprécié et le jour ou il a quitté le bureau, ils ont fait ouf ces collèges mais on plaint sa femme!Je n'arriverai pas à rester avec lui, à la fin de cette année, ily aura 10 ans que le couple bat vraiment de l'aile. Je ne suis pas sur terre pour faire donner des coups de pieds dans le genou gauche qui a été opéré pour recentrage de rotule=staphilocoques dorés. Il ne fait presque rien au domicile, je porte meme les arrosoirs d'eau alors que mon ventre a été ouvert plusieurs fois du au Crohn. Je lui dis que je ne suis pas son esclave, il me répond moi non plus alors que faire? il s'est fait batir une pièce que ma famille a payé et ma mère y a vécu 6 mois+2 jours et comme son genou a été repété à nouveau+fracture du fémur qui n'est pas arrivé par hasard d'ailleurs. Une fois, il a voulu la laisser là toute seule car il allait se rendre à l'enterrement de sa tante à Caudry et là bas, au café avec les siens de sa famille, il boit et pendant ce temps là ma mère était par terre, on est rentré à la maison le soir tard alors qu'il m'avait promis de rentrer dès la messe finie. Il a repris ma mère en m'obligeant à signer en prétendant que c'était moi qui devait etre la tutrice alors que c'est lui Mons à mon frère ieur qui s'occupe de l'argent de la maison de mes parents et cette maison, mon père l'a payé et l'argent devait revenir